Les Sifflets du FC Martignas/Illac

L’Arbitre, au service du jeu

Le saviez-vous ? Six représentants du FC Martignas/Illac arpentent les terrains de Nouvelle-Aquitaine tous les week-ends. Ils exercent la tâche ingrate mais nécessaire de l’arbitrage.

Le club compte dans ses effectifs quatre arbitres « Séniors », une féminine Naouel BOUTI, et 3 hommes, Maxime ROUMIER, Corentin BUFFARD, Arnaud FOUGEU, un « Jeune Arbitre Régional » Jordan PUECH et un Jeune Arbitre, Julien RIET, joueur chez les U 14, qui se jette à l’eau cette saison.

L’ARIÉ…..JOIE et ses 20 ans d’arbitrage à la Ligue de Paris, est heureux de vous faire découvrir cette équipe méconnue, mais néanmoins indispensable au fonctionnement du club.

Mais saviez-vous en plus que chaque club affilié à la FFF à l’obligation de fournir un nombre minimum d’arbitres en fonction de la catégorie d’appartenance de son équipe première ?

Pour le FCMI évoluant en Régional 3, l’obligation minimale est de 2 arbitres dont 1 arbitre majeur. Pour le Régional 2, c’est 3 arbitres dont 1 arbitre majeur, et pour le Régional 1, il faut fournir 4 arbitres dont 2 arbitres majeurs.

Faute de respecter les « Statuts de l’Arbitrage », les clubs sont pénalisés par une amende financière de 120 € et plus les années suivantes mais en plus par des sanctions sportives avec un nombre de « Mutations » limité.

Par contre en cas d’arbitres supplémentaires, le club à la possibilité d’obtenir, un joueur supplémentaire titulaire d’une licence frappée du cachet  Mutation. 

C’est le cas pour le FCMI grâce à Naouel et Jordan, présentés par le club, lui permettant d’avoir 2 mutés supplémentaires au lieu des 6 règlementaires.

Avec la complicité de Arnaud FOUGEU, l’arbitre « Référent » du FCMI, nous avons posé une série de questions à nos « Directeurs de jeu ».

Mais avant cela, pour certains anciens fans de foot, ils se souviendront sans doute de Michel VAUTROT, classé deux fois, en 1988 et 1989meilleur arbitre du monde, lui qui a  dirigé cinq matches de Coupe du monde de football, et qui disait : « Jusqu’à mon dernier souffle, je veux montrer que l’arbitre, c’est un complice, et non un ennemi du jeu. C’est une école de la vie. Si le football n’a pas été inventé pour les arbitres, il ne peut y avoir de football sans arbitre ».

Un autre ténor de l’arbitrage, Robert WURTZ, fut élu cinq fois arbitre français de l’année, 1971197419751977 et 1978.

À la suite d’une tournée au Brésil pour la préparation à la Coupe du monde de football de 1974, il sera surnommé par les Cariocas, le Nijinski du sifflet.

Dans un style théâtral d’arbitrage il disait : « les joueurs sentent quand l’arbitre gère la musique. Il suffit de dix minutes pour qu’ils prennent la température. Au bout de ce laps de temps, ils savent si l’arbitre est là pour déconner ou non. À ce moment-là, le match tourne. On le sait déjà : l’arbitre va dominer la partie… ou se faire manger. Et même lorsqu’il y a une erreur en fin de match, si les joueurs ont admis son autorité, ils respectent la décision.

Sur le terrain, je voulais jouer un rôle précis. Je souhaitais faire comprendre aux joueurs que j’étais là pour qu’ils puissent évoluer dans les meilleures conditions, que je devais être près de l’action, que je mouillais moi aussi le maillot, que je me battais pour eux. Je savais pertinemment que le footballeur était l’acteur numéro un de ce sport. Mais je voulais être leur chef d’orchestre, en quelque sorte. »

Une des particularités de Robert Wurtz, était de courir plus vite que les footballeurs. « Comme jeune arbitre, je me disais, si je me trouve toujours près du ballon, on ne peut pas me reprocher de ne rien voir ! »

Pour ne pas trop alourdir l’article, nous commencerons la 1ère mi-temps consacrée à l’arbitrage par 3 arbitres, Maxime, évoluant en National 3, Naouel notre représentante féminine Départementale et Jordan, jeune arbitre Régional.

Question 1 : comment es-tu devenu arbitre ?

Maxime : j’ai commencé un peu par hasard. J’étais en Sport-Etudes à l’Isle Adam dans le Val d’Oise en tant que joueur où nous faisions des compétitions UNSS et chaque équipe devait fournir un arbitre.

J’ai essayé pour voir et cela m’a plu. On m’a fait des retours positifs et j’ai pu participer à un stage académique à Clairefontaine. Je n’ai toutefois par vraiment eu le temps de commencer, à part de petites apparitions en U13 car ma famille a déménagé à Saint-Jean-d’Illac et j’ai intégré le lycée Daguin. 

Naouel : j’avais déjà plus ou moins cette envie mais je ne savais pas où m’adresser et il y avait moins de communication que maintenant. On ne voyait pas non plus beaucoup d’arbitres femmes.

Je faisais régulièrement du foot en salle avec un arbitre, et il a pu m’expliquer la filière pour m’inscrire aux formations.

Jordan : moi aussi, j’ai commencé par hasard. Quand j’avais douze ans, j’étais abonné aux Girondins mais je ne regardais que les arbitres. Au début je n’osais pas trop car j’avais peur des réactions des spectateurs. Puis l’année suivante, j’ai accompagné mon frère à un tournoi et j’ai tenté ma chance. Le tournoi s’est bien passé et j’ai donc poussé la porte du District. J’ai été accompagné sur mes trois premiers matchs par un arbitre de Ligue et la machine était lancée.

Question 2 : comment vois-tu ton rôle d’arbitre ? Quelles sont tes qualités et que voudrais-tu améliorer ?

Maxime : l’arbitre doit tout faire pour que le match se passe bien, même s’il ne peut pas tout. Il dépend aussi des joueurs. Il doit contribuer à combattre les fléaux de notre société que sont le racisme, la misogynie et la violence. Il doit être un éducateur en jeunes et sanctionner l’intolérable en Seniors.

Naouel : il faut être neutre et juste. Il faut également être bien placé et être au bon endroit au bon moment. Je vais essayer de progresser physiquement, ma petite taille m’oblige à faire plus d’efforts pour couvrir le terrain. Heureusement j’ai du caractère et je n’ai pas peur de hausser la voix, y compris avec des garçons. J’essaie d’être pédagogue, l’expérience venant j’espère améliorer cet aspect de mon arbitrage. 

Jordan : il faut être autoritaire mais il faut aussi savoir être « cool » si le match se passe bien. J’aime bien le dialogue.  Un de mes points forts est la condition physique. Je suis souvent près des points chauds. Je pense aussi savoir bien détecter les fautes. Je dois m’améliorer dans ma communication avec les arbitres-assistants et corriger certaines choses dans mon placement. 

Question 3 : as-tu un bon souvenir ou une anecdote à nous raconter ?

Maxime : j’ai eu l’occasion de participer à un match international, France – Pays de Galles en U16. La Marseillaise m’a vraiment fait quelque chose. J’ai également arbitré une demi-finale de coupe Gambardella pour ma dernière année de Jeune Arbitre Fédéral. Elle opposait Brest à Monaco. Monaco avait un attaquant plutôt rapide, un certain Kylian Mbappé et j’avais un peu de mal à le suivre !

Naouel : pour le premier derby de ma carrière, entre la Réole et Langon, j’ai officié sous les yeux de Saïd Ennjimi et David Walliez, deux personnalités de l’arbitrage et du foot néo-aquitain. Par ailleurs le match était en soirée et le public était assez chaud, un match difficile mais intéressant. »

Jordan : j’ai arbitré la finale de la première édition de la Coupe de Gironde U15 en 2018. Elle opposait Saint Bruno à Saint Seurin. C’était la première fois qu’un délégué s’occupait de la tablette à ma place ! Je n’avais pas l’habitude. Pour ma deuxième année d’arbitre, l’AFCAM m’a également donné un trophée du meilleur jeune arbitre. 

Question 4 : aurais-tu une idée pour résoudre le problème de la violence dans les stades ?

Maxime : il faut que chacun prenne conscience que ce n’est qu’un jeu et qu’il est pratiqué par des hommes et des femmes. Il faut savoir dédramatiser, prendre du recul, surtout dans le milieu amateur où les enjeux restent assez limités.

Naouel :  le problème vient souvent du public et des parents. Le carton blanc est une très bonne chose. Si un joueur veut exprimer de la violence, il peut aller faire des sports de combat. Je pense aussi que le comportement des coachs y est pour beaucoup. Cette année j’ai arbitré Arcachon en U15 et U17 et les deux éducateurs avaient été exemplaires dans leurs attitudes. Cela s’était ressenti sur le match. 

Jordan : il ne faut pas hésiter à radier à vie des joueurs coupables de violences graves. Je suis pour un durcissement des sanctions. Je pense qu’il faudrait également faire plus de matchs à huis clos pour les clubs dont les supporters dérapent. 

Dernière Question : quel sont tes rêves ou tes objectifs dans ton parcours d’arbitre ?

Maxime : j’ai échoué deux fois à la montée en Fédéral 4. J’aimerais au moins me stabiliser et faire une dizaine d’années en National 3, ce qui serait déjà bien, mais je n’ai pas renoncé à aller chercher ce fameux écusson bleu – blanc – rouge.

Naouel : ce serait très bien si j’arrivais à arbitrer un match international de jeunes ou de féminines mais l’âge risque d’être un frein. Sinon j’aimerais bien monter en Départemental 1 Séniors, voire faire quelques touches en D2 féminine National.

Jordan : je viens de manquer la montée en Jeune Arbitre Fédéral, finissant troisième de la Ligue sur quatre-vingt. Je vais donc essayer d’accéder à la R2 puis R1 en tant qu’arbitre Séniors Ligue et retenter ma chance comme « Fédéral 4 » dans quelques années. Si j’arrive en National 1, ce sera déjà un bon parcours.

« L’art de diriger consiste à savoir abandonner la baguette pour ne pas gêner l’orchestre »

disait le célèbre chef d’orchestre Herbert Von Karajan.

En matière d’arbitrage Michel Vautrot disait :

« Le bon match pour un arbitre, c’est de se faire oublier ».

A bientôt pour la 2° mi-temps avec Arnaud FOUGEU, Corentin BUFFARD et le tout jeune Julien RIET.

Guy PUJOL  dit  l’ARIÉ…..JOIE 

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